Pour la première fois depuis plus de dix ans, Kevin Hansen va disputer une épreuve FIA de rallycross au volant d’une voiture autre qu’une Peugeot. À Lohéac, le Suédois troque la 208 autour de laquelle il a construit l’essentiel de son parcours au plus haut niveau contre la Hyundai i20 ex-GRX exploitée par PGRX. Un changement majeur en apparence, mais que l’intéressé aborde avec confiance.
Il faut remonter à la finale du World RX 2015 en Argentine pour retrouver Kevin Hansen aux commandes d’une Supercar ne portant pas les couleurs de Peugeot. À Rosario, le Suédois avait effectué ses débuts dans la catégorie au volant d’une Ford Fiesta ST d’Olsbergs MSE. Depuis, son parcours en Championnat d’Europe puis en Championnat du monde s’est presque exclusivement écrit avec la 208.
Son retour à Lohéac marque donc une rupture avec des habitudes solidement installées. La Hyundai i20 de PGRX ne lui est toutefois pas totalement étrangère. Issue du programme GRX, elle appartient à une génération de voitures contre lesquelles Hansen s’est régulièrement battu en World RX entre 2018 et 2021.
« C’est vraiment agréable de revenir à Lohéac. Ma dernière course ici remonte désormais à cinq ans, en 2021. Je suis très heureux d’être de retour et de commencer une nouvelle aventure avec PGRX et SARGA.CO, car sans eux, nous ne serions pas ici. C’est formidable de pouvoir lancer ce programme à Lohéac avant de nous rendre à Jakarta pour la Coupe du monde », explique-t-il.
Le choix du rendez-vous français n’a rien d’anodin. Kevin Hansen entretient depuis longtemps une relation particulière avec Lohéac et son public. En 2021, pour sa dernière apparition sur le circuit breton, il avait déjà pu mesurer la popularité dont bénéficie la famille Hansen en France.
« Pour moi, cette épreuve est probablement ce qui se rapproche le plus d’une course à domicile, peut-être même davantage qu’en Suède. J’ai énormément de supporters français auxquels je suis attaché depuis de nombreuses années. Le nom Hansen occupe également une place particulière ici, tout comme la passion qui nous unit. J’ai donc vraiment hâte de prendre la piste avec ma nouvelle Hyundai PGRX soutenue par SARGA.CO et d’attaquer autant que nous le pourrons. »
Une philosophie différente, mais des repères préservés
Le passage de la Peugeot 208 à la Hyundai i20 impose à Kevin Hansen de revoir certaines de ses références. La conception de la voiture, ses suspensions et son comportement diffèrent sensiblement de ce qu’il connaissait jusqu’à présent. La transition n’est cependant pas aussi radicale qu’elle pourrait le laisser penser.
« La comparaison est intéressante. La coque est évidemment différente, tout comme les suspensions, et certaines solutions techniques ne reposent pas sur les mêmes principes. En revanche, la transmission est identique à celle que j’utilisais dans la Peugeot. Une partie de l’ADN reste donc similaire. »
Plus que les éléments communs aux deux voitures, c’est surtout le comportement de la Hyundai qui semble avoir rapidement convaincu le Suédois. Là où certains pilotes chercheraient à libérer le train arrière, Hansen apprécie au contraire la stabilité que lui procure l’i20.
« Le caractère de la Hyundai me convient beaucoup mieux que celui de la Peugeot. Elle a davantage tendance au sous-virage, ce que j’apprécie. Lorsque je pilote, j’aime pouvoir compter sur un train arrière prévisible. J’avais déjà eu l’occasion d’essayer, il y a quelques années, une version antérieure de la voiture. Celle dont je dispose aujourd’hui me correspond vraiment très bien. »
Une seule séance d’essais a suffi pour lui permettre de prendre ses premiers repères. Ce roulage encore limité ne lui a pas permis d’explorer l’ensemble des possibilités offertes par la voiture, mais les premières indications se sont révélées suffisamment encourageantes pour aborder Lohéac avec de réelles ambitions.
« Nous n’avons effectué qu’une seule séance d’essais avec cette voiture, mais je peux déjà sentir qu’elle possède encore beaucoup de potentiel à libérer. Je pense qu’elle peut nous offrir de très belles possibilités de nous battre pour la victoire. »
De nouvelles références également du côté du moteur
Le changement concerne aussi le moteur. Habitué aux blocs préparés par Oreca avec la Peugeot, Hansen doit désormais se familiariser avec le moteur Pipo qui équipe la Hyundai de PGRX. Là encore, le Suédois ne considère pas cette évolution comme une source d’inquiétude.
« Ma dernière expérience avec un moteur Oreca remonte déjà à quelque temps. Je sais que ces moteurs disposent de beaucoup de puissance et offrent une très bonne souplesse d’utilisation. Le moteur Pipo est lui aussi très agréable à exploiter et, d’après ce que j’ai compris, la puissance est également au rendez-vous. »
La qualité des départs constitue notamment l’un des points forts identifiés par Hansen. Un domaine déterminant en rallycross, où quelques mètres gagnés dans la course vers le premier virage peuvent suffire à modifier entièrement le scénario d’une manche.
« L’une des forces développées par cette équipe avec Pipo réside dans la qualité des départs. Cela reste toujours le résultat d’un travail collectif entre l’équipe, les responsables du châssis et le motoriste. Le passage à un nouveau moteur ne représente donc pas un bouleversement majeur pour moi. »
Lohéac, première étape vers Jakarta
Au-delà de l’enjeu immédiat, le rendez-vous breton doit permettre à Kevin Hansen de préparer la Coupe du monde FIA de rallycross organisée les 5 et 6 décembre à Jakarta. Il y retrouvera Sébastien Loeb sous les couleurs de SARGA Motorsport. Les deux hommes n’avaient plus été réunis dans la même équipe depuis leur collaboration en World RX entre 2016 et 2018.
Lohéac représente ainsi une première occasion de confronter la Hyundai aux exigences d’un week-end complet de compétition. Les conditions météorologiques pourraient toutefois compliquer cette phase d’apprentissage. Hansen refuse néanmoins de consacrer son énergie à des paramètres qu’il ne peut pas maîtriser.
« Nous ne pouvons pas contrôler le ciel. Chaque fois que nous prenons la piste, notre travail consiste à tirer le maximum de notre départ, de notre course et de notre vitesse. C’est tout ce que nous pouvons maîtriser. Ensuite, quelles que soient les cartes qui nous sont distribuées, nous devons essayer de les gérer au mieux. »
Les sensations obtenues lors des essais lui permettent d’envisager aussi bien une piste sèche que des conditions humides sans modifier ses ambitions.
« Que la piste soit sèche ou mouillée, les deux situations me conviennent. La Hyundai est également très performante sous la pluie. Lors de nos essais sur le sec, la voiture m’a procuré beaucoup de confiance et nous avons affiché un excellent niveau de performance. Je suis donc confiant dans les deux types de conditions. Quelle que soit la situation que nous rencontrerons en piste, nous essaierons de l’exploiter du mieux possible. »
Si Lohéac constitue une étape importante dans la préparation de Jakarta, Kevin Hansen n’entend pas traiter ce retour en Euro RX comme une simple séance d’essais grandeur nature. Malgré son manque d’expérience avec l’i20, l’objectif reste clairement de se battre pour la victoire.
« Mon rôle consiste surtout à travailler avec les ingénieurs afin d’exploiter au maximum tout ce que la voiture peut offrir, puis à avoir confiance dans le fait que l’ensemble nous apportera un niveau de performance suffisant pour gagner. »
